Dernière étreinte

Portrait intime du lien à nos animaux, quand la vie s’éteint.
Un projet mené aux côtés de la Dre Yessenia Alves Leiva, fondatrice de Vet’Eden.

Photographier l’amour dans l’adieu

Il y a des moments où l’essentiel devient visible pour les yeux.

Ces moments sont rares, et souvent difficiles.

À l’heure des adieux, l’amour ne se retient plus. Il se lit dans les corps : un regard, un souffle, une larme.

Photographier ces instants auprès de familles qui voient partir leur animal, ce n’est pas documenter la fin.
C’est témoigner d’un lien profond tissé au fil des années — qui brille plus fort encore quand le temps s’échappe.

Ce qui émerge alors, c’est l’urgence d’aimer.
La promesse silencieuse d’être là jusqu’au bout.
Le courage de le laisser partir en douceur, pour préserver sa dignité et lui épargner une fin plus douloureuse.

La Dre Yessenia Alves Leiva, fondatrice de Vet’Eden, accompagne les familles d’animaux en fin de vie. Elle réalise, le moment venu, des euthanasies douces à domicile ou dans la nature.

À ses côtés, je photographie ces derniers instants de vie partagée, pour dresser le portrait d’un moment, d’un lien — et de ce que ce moment révèle de ce lien.


Nos sociétés parlent peu de la mort.
Elles parlent encore moins du deuil qui suit lorsqu’il s’agit de nos animaux.

Parce que ce serait “juste des animaux”. Parce que la tristesse serait disproportionnée.

C’est pour ça que Dernière étreinte existe.

Pour raconter l’essence d’un lien que l’on peine encore à reconnaître pleinement — alors même que tant d’entre nous le vivent et en portent l’empreinte.

Rendre visibles ces derniers instants permet de déplacer le regard :

admettre et accueillir le deuil animalier ;
reconnaître la profondeur et la beauté des relations inter-espèces ;
ouvrir un espace de dialogue autour de ce que signifie aimer, jusqu’à laisser partir.

Ce projet parle de la mort, oui.
Mais il parle surtout de la vie, qui vibre jusqu’au bout — et d’un amour qui ne s’éteint jamais.

La vétérinaire & la photographe

Deux regards complémentaires portent ce projet : celui de la vétérinaire Yessenia Alves Leiva, qui accompagne les familles et leurs animaux en fin de vie, et celui de la photographe Gaétane Marchand, qui en témoigne par l’image.

Yessenia Alves Leiva

Vétérinaire

Fondatrice de Vet’Eden, le premier service vétérinaire en France entièrement dédié à la fin de vie, Yessenia accompagne les familles et leurs animaux dans cette étape délicate. Elle se donne pour mission de permettre des fins de vie douces, respectueuses et pleines de sens, en aidant les familles à préserver la qualité de vie de leur animal et à transformer la douleur en un dernier geste d’amour. Elle est l’auteure du livre J’accompagne la fin de vie de mon animal (Ed. Le Courrier du Livre), lauréat du prix littéraire de la Centrale canine 2024.

Gaétane Marchand

Photographe

Photographe animalière diplômée en sciences sociales, Gaétane explore dans son travail le lien affectif qui unit les humains aux animaux à chaque étape de la vie. Avec Dernière étreinte, elle adopte une approche documentaire et sensible pour témoigner de ce qui se révèle à l’heure des adieux : l’amour profond et sincère entre des êtres si différents.
Elle est également l’autrice du podcast Un animal dans le cœur, consacré aux relations affectives inter-espèces, et la créatrice de Rêv’aile, un projet dédié à honorer la mémoire des animaux disparus.


Dans l’intimité des foyers

Le projet est présenté et proposé par la Dre Yessenia Alves Leiva aux familles qu’elle accompagne dans le cadre de Vet’Eden.

Lorsqu’elles choisissent d’y participer, je les contacte en amont pour me présenter, expliquer ma présence et répondre aux questions.

Le jour venu, je me fais discrète.
Je suis pleinement présente, mais j’occupe une place de témoin. Je n’interviens pas.

Yessenia accompagne la famille avec douceur vers le moment de l’euthanasie, dans le respect du rythme de l’animal et de chacun des proches présents.

Je photographie les gestes, les regards, les rituels, la lumière — ce qui est là, sans l’altérer.

Après la séance, les images sont soigneusement sélectionnées, et une galerie est confiée aux familles pour un usage privé.

Elles signent alors un accord de diffusion permettant à leur histoire, à travers le partage de ces images, de contribuer à faire évoluer le regard sur nos liens aux animaux et le deuil animalier.

Le projet est actuellement en cours. Il se construit au fil des rencontres.

Une première exposition est envisagée pour 2026, qui réunira images et témoignages.
Nous l’imaginons comme un espace de mise en lumière et de dialogue autour de ces adieux encore bien trop invisibilisés.

Les images de Dernière étreinte ne cherchent pas à adoucir la réalité. Elles n’éludent pas la mort.

Elles révèlent le lien qui peut exister entre des humains et leurs animaux, et montrent qu’accompagnée avec respect, la fin de vie peut ne pas être la rupture violente qu’on imagine, mais une transition douce.

Un moment où l’amour ne s’effondre pas, mais s’exprime librement, jusqu’au bout.

Photographier ces instants, c’est affirmer que, lorsqu’ils sont pensés et entourés, les derniers instants peuvent faire honneur à la profondeur d’un lien.

C’est reconnaître que le deuil ne dépend pas de l’espèce, mais de la sincérité d’un amour partagé.